Salut la compagnie!
J'avais envie de vous faire un petit topo de notre situation actuelle à Montréal.
On est toujours plus qu'heureux dans notre beau petit appart. On aime le quartier, et puis on remarque qu'on nous rend plus volontiers visite depuis qu'on habite plus dans un coin pommé. On a vraiment tout à proximité, même un gigantesque magasin de musique où Mr Croze a tout récemment craqué pour une guitare électrique blanche (je l'appelle son I-tare du coup) et un petit ampli...
Mais il l'a bien méritée sa guitare. En effet, on ne peut pas dire que c'était la grande forme pour lui il y a deux semaines. Il lui a fallu se rendre à l'évidence qu'il ne pouvait plus continuer à travailler sur le projet qui l'occupait principalement. Il était à bout, stressé et déprimé. Trop de pression, l'impression de ne pas pouvoir y arriver. Enfin trop, c'est trop. Alors il a pris son courage à deux mains et il a été trouver son responsable pour lui expliquer ce qui clochait. Heureusement, lui et ses collègues ont été très compréhensifs. Il va donc se concentrer sur un autre projet, sur lequel il travaillait déjà de temps en temps et qui le motive. On peut donc dire que tout est bien qui finit bien pour lui.
Quant à votre chère chroniqueuse adorée, (je ne doute pas un instant que vous savez que je parle de moi ;-) , Alain Delon, sors de ce corps!!!) elle a enfin trouvé un job! Ca a mis le temps, il m'a fallu revoir un peu mes attentes, mais ça y est. I did it. Je vais travailler dans une maison d'édition de manuels scolaires, les éditions de la Chenelière. Le poste que je vais occuper porte l'étrange dénomination de "secrétaire à la production". En gros, je vais gérer les commandes, les demandes de droits d'auteur, etc. Malheureusement pas de tâches de traduction en perspective mais la fonction exige d'avoir un français écrit impeccable. En fait, je me suis inscrite chez Ranstad comme candidate et ils m'ont trouvé ce poste pour 3 semaines, mais il est déjà certain que mon contrat sera prolongé car je remplace une personne qui est, malheureusement pour elle, malade depuis un moment et dont on ne sait pas quand elle sera en mesure de reprendre le travail.
Et toujours côté boulot, j'ai effectué ma première "mission" de traduction la semaine dernière. Mr Croze, cet être exceptionnel qui pense toujours à sa petite femme, m'avait recommandée à son boss comme traductrice. La semaine dernière, j'ai donc été contactée pour traduire un document, un vrai défi car le vocabulaire était très technique et l'échéancier plutôt serré. Mais j'ai eu terminé à temps et d'après le retour du responsable, ma traduction était à la hauteur de ses attentes.
Et maintenant, Cannes oblige, il faut qu'on parle un peu cinéma; passons à la catéorie "Epopée du weekend": c'est le film franco-belge "Je me suis foulée la cheville samedi matin... " qui a remporté la palme d'or de la galère suprême. Vous vous demandez ce que c'est que cette histoire, hein, bon asseyez-vous un moment, allez-vous verser un bon verre ou un bon café/thé brûlant, ça va prendre un moment....
J'étais partie toute motivée à une session de sport d'une heure et demie (cardio, course dans le parc Jarry en face du centre de fitness et puis muscu avec poids, abdo, fessiers). C'est après une session de 30 minutes d'exercice intense à frapper mes petits poings et mes petites jambes dans les airs telle une boxeuse qui se bat contre le miroir que le drame s'est produit. Je trottinais gaiement avec mes congénères sur le trottoir en attendant la prof et là, quand j'ai voulu traverser, la bordure s'est révélée un obstacle infranchissable. Elle m'a vaincue. Mon pied s'est tordu de la plus atroce des façons en faisant un grincement à vous glacer le sang et je me suis retrouvée les mains sur le sol avec tout le reste de mon corps d'ailleurs. Dans un réflexe stupide, j'ai cherché à me mettre debout. Je me suis aussitôt fait rappeler à l'ordre par mes camarades de fitness qui m'ont assisse par terre tandis que je me tenais la cheville en me demandant pourquoi j'avais la nette impression que je flottais dans les airs et si j'étais ou non sur le point de m'évanouir. La prof est finalement arrivée, a rapidement évalué la situation et a décidé de serrer ma chaussure un max pour limiter l'enflement. Puis comme je ne pouvais décidément pas rester sur le bord de la route, je me suis redressée et ai remonté les marches du gym en m'appuyant sur deux épaules compatissantes. Une fois à l'intérieur on m'a installée sur les poufs de l'entrée et la prof a demandé de la glace avant de retirer ma chaussure pour faire un blian des dégâts. Elle m'a sommée de rester là avec le sac de glace sur le pied pendant 15 min. Le groupe est parti au parc continuer l'entrainement. Après quelques instants de réflexion, une fois passé le choc de l'évènement, je me suis dit que je n'avais pas 36 solutions, j'allais devoir appeler Mr Croze à la rescousse. Ce que je fis séance tenante. Sitôt arrivé, il s'est renseigné pour savoir où était le centre médical le plus proche où j'allais pouvoir me faire examiner (ne me demandez pas pourquoi il n'a pas fait ça de la maison, l'émotion je suppose, il était pressé de voler à mon secours sans doute). Une fois localisé, il fallait encore s'y rendre avec moi sautillant sur un pied, j'avais trop peur de poser mon pied à terre. Puis comme je ne pouvais pas sauter sur une jambe sur des kilomètres, Mr Croze a dû me porter sur son dos. Maintenant que j'y pense, on devait offrir un sacré spectacle lui et moi. Moi sur son dos avec mon sac de glace dans une main et ma chaussure dans l'autre et lui, tel un cheval, lesté de mon poids sur son dos. Un spectacle vraiment hilarant, je dois le reconnaître même si j'ai copieusement insulté en marmonnant un gars qui a éclaté de rire en nous voyant. Puis un gentil monsieur passant par là a pris pitié de nous et nous a proposé de nous emmener. On touchait au but, mais il faisait chaud et on n'avait aucune envie l'un comme l'autre de continuer à galérer de la sorte. Une fois arrivés devant la réceptionniste du centre médical, on déchante, il n'y a pas de médecin, on est pas dans le bon centre par rapport à notre code postal, mais la nana semble s'émouvoir devant nos yeux suppliants, parce qu'elle appelle l'infirmière de service pour savoir si elle peut m'examiner. On finit, Mr Croze et moi, par réussir l'exploit de boucler la visite au centre médical, l'achat des béquilles et le retour à la maison en 3 heures top chrono (à partir du moment il quitte la maison après mon coup de fil). Traitement à suivre pour les prochaines 48h: je n'ai pas le droit de poser le pied par terre (vive les béquilles de merde qui te défoncent les dessous de bras, j'en ai des bleus), je dois rester assise avec la jambe levée et mettre de la glace pendant 15 min toutes les 2h. Du coup, Mr Croze fait tout dans l'appart, il s'occupe de moi comme d'un bébé (dieu merci je me lave et me torche toute seule, ma dignité est préservée).
Et nos péripéties ne s'arrêtent pas là car l'infirmière nous avait conseillé, si ma cheville était toujours enflée le lundi matin, de consulter un médecin et de faire une radio pour être certain qu'il n'y ait aucune fracture. Ce matin, ma cheville droite faisait toujours facilement le double de ma cheville gauche. Mr Croze avait repéré le centre médical de notre zone, qui ouvre à 7h30. On s'est donc levés tôt en espérant être tranquilles rapidement avec cette histoire, d'autant plus que Mr Croze devait aller au boulot. Sauf qu'll a dû prendre sa matinée parce que le centre dans lequel on s'est rendus n'ouvrait pas avant 8h en réalité, qu'une fois enfin arrivés au comptoir, on nous a expliqué qu'il n'y avait pas moyen de voir un médecin sans rendez-vous qu'il fallait qu'on aille dans une clinique; une fois arrivés à la clinique il a fallu bien sûr attendre pour qu'on nous enregistre puis attendre que ce soit notre tour de voir l'infirmière chargée d'évaluer les patients, puis que ce soit notre tour de voir le médecin, qui nous a rapidement expédiés. Une prescription d'anti-inflammatoires vite fait, radio, vous ne posez pas le pied pendant une semaine, vous mettez du chaud sur la cheville et c'est tout, c'est Mr Croze qui a remis mon bandage, parce qu'apparemment, lui n'avait pas envie de s'embarasser avec ça. Une fois sortis de là, on n'était pas plus avancés, puisqu'on ne savait toujours pas si j'avais quelque chose de cassé. Il a donc fallu qu'on aille au centre de radiologie. Et de nouveau le même cinéma, accueil et attente. Résultat des courses, pas de fracture (oufffff!), une demie journée de congé bêtement gaspillée, et coût total de l'opération avec la première visite au centre le samedi, les béquilles, la visite au centre médical pour voir le médecin, la radio, et le taxi (parce qu'il fallait perdre le moins de temps possible vu que Mr Croze bosse et qu'il a pas que ça à faire): 316 $ si tout va bien, sur ce montant on devrait se faire rembourser 260 $ parce que pour les béquilles et le taxi, c'est clair qu'on peut se brosser, jamais notre assurance privé ne nous remboursera.
Mais sinon, je vous rassure, on va très bien. Je suis très contente d'aller travailler demain, même si j'angoisse légèrement à l'idée de devoir aller prendre le métro avec mes béquilles, mais je sais que je peux le faire. Y a pas de raison. En plus j'ai appelé Ranstad pour qu'ils préviennent la maison d'édition de ma condition et le gars m'a rassurée en me disant qu'on n'attendrait pas de moi que je fasse des tas de déplacements, que j'avais mon bureau et qu'il y avait un ascenseur. Donc je vais y arriver, puis j'espère qu'avec Mr Croze on partira à la même heure comme ça il me filera un coup de main dans les escaliers. A voir car il ne sait pas encore à quelle heure il doit quitter la maison demain. Si pas, je vais me débrouiller comme une grande. Après tout, c'est lui qui l'a dit tout à l'heure, en me voyant me taper plusieurs blocs pour aller au centre radio, en forçant comme une ourse sur les bras, je suis une warrior (une guerrière quoi). D'ailleurs, c'est un sacré guerrier lui aussi.
Je vous laisse sur cette note un brin admirative, complètement in love et je vous dis à la prochaine!
